Quand la montagne devient peinture

Les origines

J’ai découvert la montagne un peu par hasard, avec mon père, pendant le Covid. Nous avions beaucoup de temps, alors nous avons commencé par quelques randonnées en Suisse. Petit à petit, les sorties sont devenues plus ambitieuses, et sont venus le trail, le ski de randonnée, l’escalade, l’alpinisme, les bivouacs et les treks.

Au fil des années, cette passion n’a fait que grandir. J’ai découvert de nouveaux paysages, de nouvelles façons de vivre la montagne, mais surtout cette sensation particulière que l’on ressent une fois là-haut. Tout semble parfois plus simple, plus calme, et chaque sortie apporte quelque chose de différent.

Depuis, je n’ai jamais vraiment arrêté. La montagne est devenue une évidence, un endroit où j’aime retourner, que ce soit pour partir à l’aventure, découvrir un nouveau sommet ou simplement profiter de ce qui nous entoure.

La montagne, un terrain d’entraînement et d’exploration

J’ai toujours aimé repousser les limites, autant celles de la montagne que les miennes. Aller dans des endroits toujours plus isolés, mais aussi chercher jusqu’où mon corps pouvait aller.

J’ai notamment eu la chance de participer à une expédition d’un mois au Kirghizistan, avec l’ascension d’un sommet à plus de 6 150 mètres, de traverser l’Islande du nord au sud à pied et en autonomie dans les Highlands, ou encore de partir huit jours en autonomie dans les montagnes reculées de Norvège. Le trail m’a aussi permis de me dépasser, notamment avec les 57 km et 3 700 m de dénivelé du Trail des Dents du Midi, parmi bien d’autres aventures.

Mais avec le temps, j’ai compris que vivre la montagne, ce n’est pas seulement chercher la performance ou atteindre un sommet. C’est aussi un véritable voyage intérieur, où l’on se retrouve parfois face à des parties de soi que l’on préférerait éviter le reste du temps. On apprend à mieux se connaître, à accepter certaines choses et, finalement, à être davantage en paix avec soi-même.

C’est aussi pour cela que je suis profondément reconnaissant d’avoir pu vivre ces expériences. Bien plus que des souvenirs ou des performances, elles ont donné du sens à tout le reste.

De la montagne à la toile

C’est donc assez naturellement que j’ai eu envie d’exprimer à travers la peinture ce que je ressentais en montagne. Et, pour être honnête, en peinture, je viens de loin. J’ai eu envie d’arrêter plus d’une fois. Mais avec le temps, j’ai compris quelque chose de fondamental : que ce soit en montagne ou devant une toile, je ne contrôle finalement pas grand-chose.

Vouloir prévoir exactement ce qui va se passer est impossible. Il faut accepter de lâcher prise, de faire un pas en avant sans savoir exactement où il va nous mener.

Quand je commence une nouvelle peinture, je n’ai généralement aucune idée du résultat final. Je me laisse guider par les coups de pinceau, les mélanges de couleurs, les textures qui apparaissent parfois par hasard, et j’essaie simplement d’écouter ce que le tableau semble me dire.

Cela peut paraître un peu étrange, mais je ne sais presque jamais où je vais en commençant une peinture. Et, assez paradoxalement, ce sont souvent les tableaux que j’ai le moins cherché à « réussir » qui sont devenus mes plus grands coups de cœur.

Ce que je souhaite transmettre

À travers mes tableaux, je souhaite surtout transmettre cette recherche de liberté, cette envie de découvrir, de continuer à avoir des rêves et de toujours chercher à aller un peu plus loin. Que ce soit en montagne, dans le sport ou finalement dans n’importe quel autre domaine, je pense que cette envie d’explorer et de se dépasser peut prendre beaucoup de formes différentes.

Ce que j’aime particulièrement dans mes tableaux, c’est de voir qu’ils ne racontent jamais exactement la même chose à chacun. Parmi les personnes qui m’ont soutenu en acquérant un tableau, chacune a eu sa propre perception, sa propre interprétation et parfois même une émotion complètement différente devant une même peinture. C’est justement cette part d’improvisation qui me fascine tant, autant dans la création que dans la manière dont chacun interprète ce qu’il voit et ce qu’il ressent.

Et c’est peut-être finalement ça qui compte le plus pour moi : pas seulement ce que le tableau représente, mais ce que chacun voit à travers lui, les souvenirs qu’il fait naître et les émotions qu’il procure.